La tête au Canada : cinquième mois, un été de festivals au Québec et un tour en Ontario

Le voilà enfin, mon article sur ma vie à Montréal ! J’ai un peu zappé celui de juillet pour cause de vacances, mais je me rattrape aujourd’hui avec un deux-en-un qui couvre le mois d’août en bonus. J’ai eu le temps de profiter de l’été québécois et notamment de tous ses fameux festivals ! Je vous raconte ça de suite !

Parc de la Gatineau

Ontario & Météo

Avant de parler des festivals, je voulais vous raconter mon « voyage dans le voyage » avec ma visite en Ontario ! C’était un séjour de moins d’une semaine, mais ce fut un vrai régal ! Avec une amie, nous avons loué une voiture et une chambre dans un motel, tout près du parc national Algonquin. Le premier jour on a fait un détour par le parc de la Gatineau qui est splendide. On a fait une balade qui nous a donné accès à un point de vue en hauteur, de là-haut, on pouvait voir Ottawa, mais aussi toute la nature environnante, c’était vraiment beau. Ensuite, direction l’Ontario et là on comprend à quel point le Canada c’est grand et encore très sauvage. Une grande route et des arbres à perte de vue, c’est tout. En plus, il y a peu de voitures qui circulent donc ça donne l’impression d’être un peu perdu comme dans un vrai road-trip loin des sentiers battus ! C’est moi qui ai choisi notre destination et j’ai choisi ce parc pour sa très grande étendue et je ne regrette vraiment pas mon choix ! On avait seulement trois petits jours pour en profiter, mais on a quand même eu le temps de varier les plaisirs : randonnée, canoë, vélo, baignade. Comme l’endroit est reculé, il n’y a pas tant de monde que ça et c’était ultra-ressourçant. On est à des centaines de kilomètres de n’importe quelle grande ville, la nature est riche, splendide, les paysages sont à couper le souffle, c’est le pied !

Couché de soleil en Ontario

En plus on a eu de la chance, car il n’a pas fait trop trop chaud. Il faut savoir que dans le Sud-est canadien, il y a rarement de très gros pics de chaleur. De tout l’été je crois que je n’ai jamais vu de température supérieure à 32 °C, mais, car il y a un gros MAIS, il fait souvent très moite, ce qui est bien pire. Il peut faire 24 °C, si l’air est lourd, on sue comme s’il en faisait 32 °C, et honnêtement les rares fois où on a dépassé les 30 °C à Montréal ça devenait vite invivable. Je préfère de loin un 36 °C sec, car même si ce n’est pas agréable, c’est vivable, alors qu’ici on se liquéfie. Mais bon, heureusement, ça reste assez peu fréquent, je dirais qu’on a eu deux gros épisodes d’une semaine en juillet et une ou deux journées en août. Décidément le climat n’est pas toujours facile à vivre ici ! Mais si le mois de juillet est un peu rude, mai, juin et août sont quand même super agréables à vivre. Je n’ai pas encore personnellement testé septembre et l’automne ici donc je ne peux pas me prononcer sur le reste.

Après cet intermède météo, je peux vous dire que ce tour en Ontario était vraiment agréable et ça m’a fait beaucoup de bien de reconnecter avec la nature. J’en ai vraiment pris conscience en étant ici : c’est important pour moi d’être entourée de verdure. Je ne suis pas sûre de forcément vouloir vivre à la campagne, mais j’ai besoin de me retrouver régulièrement au milieu de grands espaces, toutes les semaines dans l’idéal !

Un été de festival au Québec

Le Québec est très réputé pour tous ses festivals d’été, et en particulier Montréal. Il faut dire que les Québécois sont habitués à leur météo rude et du coup ils vivent à fond pendant les quelques mois que leur offre l’été ! Les festivals sont vraiment légion, je vais vous parler de ceux que j’ai personnellement testés, mais il y en a bien d’autres ! Il y a notamment plein de petits festivals de cinéma en plein air par quartier avec des thématiques variées : docu, moderne, engagé, etc. Il y a tellement de festivals qu’il y a même un évènement réservé au Kombucha (une boisson très prisée des Canadiens à base de thé fermenté). Mais bref, voici quelques festivals auxquels j’ai participé.

Je crois que si je ne devais garder qu’un festival ici, ce serait le Festival d’été de Québec (ou FEQ pour les intimes). C’est un TRÈS grand festival de musique, à Québec, qui coûte trois fois rien. En effet, il faut compter environ 80 € pour le pass qui donne accès à 11 jours de concerts et avec des têtes d’affiche énormes ! Cette année par exemple j’ai pu voir : Twenty One Pilots, The Offspring, Blink 182, Imagine Dragons, Yungblud, etc. Et encore, je n’ai pu être présente que 4 soirs, car j’étais obligée de rentrer à Montréal pour le travail. C’est un festival qui a une programmation de choc et surtout l’ambiance est vraiment cool. Les gens sont là pour la musique, ce n’est pas un festival branché où on vient pour se faire voir, tout le monde est vraiment là pour la musique ! On peut facilement manger et boire sur le site, et ce sur toutes les scènes. La scène des plaines d’Abraham est la plus impressionnante ! Ce seul site peut accueillir 80 000 personnes (et même jusqu’à 100 000 personnes en cas de concert record) ! Pour la plupart des concerts j’ai réussi à être vraiment proche de la scène, mon meilleur concert fut celui de Twenty One Pilots ❤ Je les avais vus quelques semaines plus tôt à Montréal, mais ce n’est pas du tout la même expérience en festival, en plein milieu de la foule avec les artistes qui étaient parfois à 2 m de moi ! Par contre, j’ai réussi à finir au premier rang lors du concert de The Offspring puis Blink 182, mais j’ai fini par demander à la sécurité de me sortir, car j’étais complètement écrabouillée à cause des pogos derrière. En fait lors du second concert, j’étais tellement écrasée que j’arrivais à peine à poser mes deux pieds au sol où à tourner la tête, il faut dire que les pogos étaient très étalés et agressifs. J’étais un peu dégoûtée en sortant, mais c’était ça où finir par faire une crise de panique alors j’ai préféré l’option où j’évite de massacrer ma santé mentale. Au moins, le temps de sortir j’ai pu passer dans le « no man’s land » de la sécurité et je n’aurais jamais pu être aussi proche ! J’ai aussi pu découvrir la très chouette Bishop Briggs et son énergie contagieuse en première partie d’Imagine Dragons et c’était une super belle découverte !

The Lumineers à Osheaga

Toujours dans le registre des festivals de musique, j’ai pu faire un concert aux Francofolies (Pomme) et deux concerts au Festival international de jazz (Yungblug et Alt-J) je n’ai pas trop profité des installations extérieures, mais ces festivals sont aussi très chouettes, l’ambiance est à la fois pétillante et détendue et on peut profiter autant des concerts payants que gratuits ! Ces deux festivals ont lieu à Montréal tout comme Osheaga, qui est un gros festival de musique sur l’île du parc Jean Drapeau. Pour le coup c’est un festival très très branché, un peu façon Coachella, les gens viennent beaucoup pour se faire voir, c’est the place to be. Il y a plein de looks fous et des centaines de micros activités organisées dans le festival : photo-booth de marque, photos à prendre pour gagner des points et des cadeaux, etc. Le festival est tellement réputé que de nombreux Américains font le déplacement (plus que les québécois d’ailleurs si on en croit la grande majorité de voix anglophones sur le site). Je dois avouer que si j’ai adoré les concerts, ce côté très people m’a un peu moins plu. Moi je venais pour la musique, point barre, et je n’ai pas retrouvé l’atmosphère bonne ambiance et décontractée du FEQ. En plus, le festival est beaucoup plus cher et dure moins longtemps (environ 240 € pour trois jours). Et la programmation correspond moins à mes goûts que le FEQ. Le FEQ est très éclectique, mais il y a pas mal de rock alors qu’Osheaga se concentre sur les tendances et malheureusement pour moi, le rock n’est plus trop in depuis quelques années. Après je râle, je râle, mais il y avait une belle sélection folk et indie. J’ai adoré Tom Walker et Dean Lewis, j’ai fait de très chouettes découvertes avec Alec Benjamin et sa pop toute douce, Grandson, son énergie contagieuse et sa rage de combattre une époque stupide (désolée, j’ai pas d’autre mot), Interpol et leur rock minimaliste et intelligent, Bea Miller et sa fougue, etc. Et bien sûr j’ai eu droit à quelques apothéoses avec de grands artistes que je connaissais de loin, mais qui m’ont offert des concerts vraiment grisants : Hozier, The Luminers & Kodaline.

Si la musique est le premier art auquel on pense quand on parle de festival, il y a aussi le festival Juste pour rire avec son site en plein air, plein de vie, et sa sélection en intérieur de qualité à des prix variés. Il y a le grandiose festival des Feux Loto-Québec avec deux feux d’artifice par semaine pendant un mois. On peut en profiter depuis le village au pied du courant ou le pont Jacques-Cartier. Pour moi les feux d’artifice se résumaient aux trois pétards de la petite ville près de chez moi pour le 14 juillet, et bien je peux vous dire qu’ici c’est autre chose ! 30 minutes de spectacle à chaque fois avec des jeux de formes, de rythme, de couleur et d’intensité, j’en ai vraiment pris plein les mirettes ! Il y a aussi des festivals de ciné, j’ai testé le festival Fantasia, spécialisé dans le cinéma de genre SFFF et j’y ai découvert une belle pépite avec le film Riot Girl ! Sous des apparences de teen movie post-appo, c’est une réalisation solide, inspirée des comics des années 90 avec de jeunes talents canadiens qui crèvent l’écran et en plus c’est un film queer !

En parlant de Queer, last but not least, le Festival des fiertés qui vient juste de se conclure le week-end dernier. Il y a plein d’évènements, des concerts, des shows, des conférences, des rencontres littéraires, etc. De mon côté, je suis allée à une conférence sur la bispiritualité dans les nations autochtones, je suis allée voir la drag race avec Sasha Velour en animatrice et bien sûr, j’ai participé à la grande parade ! Je n’en finis pas d’être épatée par l’intelligence émotionnelle des Québécois (et des Canadiens au sens large pour ce que j’ai pu en voir). Jamais personne n’irait s’offusquer du bonheur des autres en revendiquant de vieilles idées périmées. Bien sûr, il doit y avoir des opposants, mais ils sont discrets et surtout, je n’en ai jamais vu alors qu’en France et en Europe les membres des grand groupe en -istes et -phobes (homophobes, racistes, fascistes, xénophobes, sexistes & co), sont loin d’être discrets. En bref, c’est un vrai bonheur de vivre en si belle harmonie. On devrait en faire un livre « How to be : aussi malin qu’un Canadien ». D’ailleurs je ne me suis jamais sentie aussi en sécurité qu’ici, à la fois comme femme et comme personne queer, et pour ça : vive le Québec ! 

Une vie d’expat ?

Maintenant que mon tour des festivals est terminé, je peux vous parler un peu de ma vie d’expat. Et je dois dire que depuis quelques jours, j’ai quand même un peu envie de rentrer. Même si tout me plaît ici, que la vie est agréable et que les gens sont vraiment fins (ça veut dire gentil/intelligent en québécois) et bien, ma famille et mes amis me manquent. J’ai toujours eu un goût prononcé pour l’aventure et les voyages, mais c’est la première fois que je pars aussi loin et aussi longtemps. Mine de rien, la distance et le décalage horaire sont énormes. En semaine, c’est dur d’appeler qui que ce soit, car je travaille quand les gens sont libres et ils dorment quand je suis libre, et même si les applis de messagerie instantanée aident beaucoup, mine de rien, après 18 h je n’ai plus grand monde à qui parler parmi mes amis français. En plus, en six mois, même si j’ai rencontré quelques personnes avec qui je m’entends parfois vraiment très bien, ça reste différent des personnes qui me connaissant depuis des mois et des années. Donc tout ça pour dire qu’à ma grande surprise, j’ai vraiment hâte de rentrer. Je reviendrais peut-être plus tard, mais pour l’instant j’ai besoin des miens. Et puis, la vie d’une étudiante en fin de parcours est tellement pleine d’incertitudes que j’ai du mal à gérer toutes les questions en même temps que l’éloignement. Bien sûr, ça n’en reste pas moins une expérience super-riche et surtout c’est mon rêve numéro 1 que j’ai exaucé, je devais bien ça à la petite moi de 10-12 ans qui est tombée folle amoureuse du Canada depuis ma première visite en famille.

Et voilà pour aujourd’hui ! Je sais que c’est un looooooong article. Bravo à vous si vous êtes arrivé jusqu’ici : vous avez lu plus de 2000 mots ! N’hésitez pas à réagir en commentaire ! Je serais ravie de continuer à parler de mon expérience avec vous si ça vous intéresse ❤

En attendant, bonne journée à toutes et à tous et on se retrouve dans un mois pour la suite et fin de mes aventures canadiennes !

7 réflexions sur “La tête au Canada : cinquième mois, un été de festivals au Québec et un tour en Ontario

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