Comme des images de Clémentine Beauvais

Ma relation avec les livres de Clémentine Beauvais est un peu instable. J’ai adoré Les Petites Reines, mais j’ai été déçue par Songe à la douceur et je n’ai pas été convaincue par Brexit Romance non plus. Du coup, quand Sarbacane a proposé à ses partenaires la nouvelle édition de Comme des images (qui doit paraître mercredi), j’ai un peu hésité. Je dois avouer que j’ai accepté cette réception en ayant quelques craintes et c’est finalement une très belle surprise ! Ce roman nous plonge dans l’univers des grands lycées parisiens, avec des adolescents à la vie dorée qu’on biberonne à l’esprit de compétition et des phrases de type « tu feras de grandes choses mon enfant » seriné comme un ordre plutôt que comme un espoir. Mais toutes ces belles assurances partent en sucette quand l’ex de Léopoldine partage à tout le lycée une vidéo qu’elle lui a envoyé en privé. 

J’ai eu ma dose de formation sélective, intense et pleine de compétition, et je n’ai jamais eu l’impression d’appartenir à cet univers, j’aurais donc pu passer complètement à côté de ces adolescents. Et pourtant ils ont tous un charme froid et magnétique, à l’image d’un Chuck Bass calculateur, les élèves d’Henri IV (H4 pour les intimes) dépeints ici, ont ce petit je-ne-sais-quoi d’attirant de la beauté froide et cruelle. On ne s’attache pas à eux, même ceux qui sont les moins calculateurs, mais on se prend dans leurs filets.

Les révélations arrivent au compte goûte, mais tout commence fort avec un corps brisé au pied d’une tour (d’ivoire ?). On découvre une sombre histoire de revenge porn, des amitiés toxiques et des méthodes éducatives qui le sont tout autant. La violence des attentes posées sur ces jeunes épaules est assez effrayante. On a un peu l’impression de plonger au cœur d’une famille mafieuse, on découvre des codes et une forme d’omerta. Tout ça n’est pas très sain et pourtant c’est fascinant. 

Même si la fin est un peu trop rapide et que l’ambiance est somme toute assez glauque, ce roman m’a bien plu. Il est intelligent, c’est une analyse fine des relations toxiques que les adolescents sont capables de créer. Mais Clémentine Beauvais n’oublie pas de nous peindre un tableau large, on découvre aussi des parents distants et soucieux de leur image, des profs plus ou moins pédagogues, et bien sûr les « dommages collatéraux » de ce système très autarcique. 

Si j’avais lu Comme des images sans en connaître l’autrice je n’aurais jamais deviné que ce texte était de Clémentine Beauvais. Ici on est loin de l’humour, de la joie et de l’amour de ses autres titres. Au contraire, c’est une plongée dans un univers sombre, superficiel et peu reluisant malgré son cadre idyllique de beau quartier et ses ados de papier glacé. C’est une belle réussite si vous aimez les livres qui font froid dans le dos et qui appuient là où ça fait mal à notre humanité.

Qui a déjà lu ce roman ? Que pensez-vous de cette nouvelle édition ? Dites-moi tout en commentaire !

 Bon dimanche ! 

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11 réflexions sur “Comme des images de Clémentine Beauvais

  1. Je connais C. Beauvais pour ses romans Les petites reines et Songe à la douceur, que j’avais tous les deux apprécié (surtout Songe à la douceur : j’ai trouvé cette histoire douce-amère hyper touchante !). Enfin bref, je viens de découvrir Comme des images grâce à toi, et j’ai envie de lire ce livre. Ce n’est pas plus mal que ce roman-là soit différent des autres que l’auteure écrit, au moins ça change un peu, surtout que ce genre d’univers (qui me fait forcément penser à Gossip Girl) a tendance à me plaire 😉

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  2. On a vraiment la même relation avec les livres de Clémentine Beauvais ! Sauf que je n’ai pas autant apprécié Comme des images que toi. Je lui ai trouvé des bons côtés, mais pas assez pour être totalement emballée. Il n’y a que pour Les petites reines que j’ai un amour démesuré !

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  3. Je te comprends, je m’étais sentie bien seule aussi avec Songe à la douceur qui m’avait énormément déplu (oui à ce point XD). Il faudrait quand même que je lise Les petites reines un jour car celui-ci a l’air de tenir ses promesses 🙂

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  4. Personnellement je ne vois aucun intérêt à cette réédition, si ce n’est essayer de remettre en avant un roman maintenant que l’auteure est un peu plus reconnue. Comme des images avait fait beaucoup de bruits dans la blogosphère à sa sortie, multipliant les avis dithyrambiques comme beaucoup de romans chez Sarbacane. Je m’étais laissée convaincre et, peut-être à cause de tous les éloges, j’ai été très déçue. Ca se lit bien, ça va vite, même si tout m’agaçait dans le roman je n’ai pas pu faire autrement que d’aller à la fin. Mais tout le long de ma lecture et en prenant du recul, c’est un grand sentiment de révolte qui m’a animé. En effet on n’arrive pas à s’attacher à ces personnages, mais pour moi c’était plus que ça, j’avais envie de les secouer, et au fond je me suis demandée si le destin de gamins nés avec une cuillère d’argent m’intéressait vraiment, et il faut avouer que non, pas du tout. Pour cette lecture je suis restée sur ce sentiment, même si un minimum d’empathie nous pousse à les comprendre un peu, à comprendre la pression quotidienne, tous ces caprices et désillusions d’enfants bien nés m’ont laissés de marbre et j’ai levé les yeux au ciel de nombreuses fois tant les voir geindre m’énervait. J’ai donc pour ma part très mal commencé ma relation avec les textes de Clémentine Beauvais XD Je n’ai donc pas lu Les petites reines, j’ai essayé de renouer avec Songe à la douceur qui m’a doucement agacé comme celui-ci, et après il faut dire que j’ai abandonné. Dommage, apparemment Les petites reines est génial ! Cependant, ses traductions sont excellentes, le dernier en date et très beau, Poète X.

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    • À l’inverse de toi je n’ai jamais entendu la hype autour de se livre et surtout je l’ai commencé en mode « peu d’espoir ». Du coup j’ai aimé ! Mais je comprends ton sentiment et c’est vrai que ces personnages sont à milles lieues des « vies normales ». Et oui la réédition n’arrive que pour relancer un roman des débuts d’une autrice devenu connue entre temps.
      Au final, j’ai lu les 4 romans de Clémentine chez Sarbacane (je subis une forte pression de la part de mes amies x) ) et je suis passée à mille km de Songe à la douceur (Et je m’étais sentie bien seule à l’époque), je n’ai même pas réussi à finir Brexit Romance et le seul qui m’ai franchement convaincue, c’est Les petites reines.
      Oui par contre j’ai très envie d’essayer ses traductions de Sarah Crossan et Poète X 😍

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      • Je te comprends, je m’étais sentie bien seule aussi avec Songe à la douceur qui m’avait énormément déplu (oui à ce point XD). Il faudrait quand même que je lise Les petites reines un jour car celui-ci a l’air de tenir ses promesses 🙂

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  5. Pingback: C’est le premier, je fais le bilan ! Août 2019 | La tête en claire

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