[Du théâtre au livre] Les Monologues du vagin d’Eve Ensler

L’avantage d’être dans une nouvelle ville à l’autre bout du monde, c’est que je suis avide de découvertes et je sors de ma zone de confort en permanence. En allant au théâtre notamment. J’ai entendu parler à de maintes reprises des Monologues du vagin d’Eve Ensler, mais je n’avais jamais fait l’effort de vraiment m’y intéresser. Alors, quand j’ai vu que la pièce passait à la Comédie de Montréal, j’ai foncé ! Et bonjour la claque… Dans la foulée, j’ai aussi lu la version imprimée de la pièce donc j’en profite pour vous faire un petit comparatif.

Pour commencer, pour ceux qui ne connaissent pas du tout, Les Monologues du vagin sont inspirés par plus de 200 entrevues qu’Eve Ensler a eues avec des femmes au sujet de leur vagin. Ce qui me bluffe le plus c’est que cette pièce a près de 25 ans et qu’elle est encore d’une actualité complètement folle… et un peu désespérante. Se dire qu’en un quart de siècle, les problèmes des femmes sont toujours les mêmes, c’est affligeant. D’ailleurs il est vrai que ce mot en lui même « vagin » reste toujours un tabou. Peut-être que depuis 25 ans on a fait des progrès, mais finalement de voir la vitesse d’escargot à laquelle avance l’établissement de l’égalité les sexes, c’est consternant. Il n’empêche que cette pièce est d’utilité publique. En tant que femme on est touchée. On rit, parfois, et on est chamboulée, souvent. Mais alors pour les hommes, je ne vois pas comment on peut aller voir cette pièce et se dire ensuite « oui ben l’égalité homme-femme c’est bon, tout va bien, faut arrêter ». Cette pièce met en évidence la réalité des écarts, les tabous qui entourent les femmes et la violence sociale de ceux-ci.

Je dois dire que je pensais honnêtement que Les Monologues du vagin était une comédie et c’est tout. Mais cette pièce n’en est pas vraiment une. Certes, il y a de nombreuses parties qui sont très drôles, mais d’autres sont d’une violence sans nom, psychologiquement très dures. Des femmes qui parlent des horreurs qu’elles ont vécues, des conditions ignobles, moi ça m’a fait vraiment bizarre. En fait, les passages drôles servent à apaiser les parties les plus dures qui, sans ça, seraient étouffantes. Les morceaux drôles restent fins et pertinents. L’humour est une arme puissante, et le tableau que propose Eve Ensler est d’une vraie richesse tant sociale qu’intime. 

Les actrice de la version Québecoise

En voyant la pièce, je me suis dit qu’elle avait dû être un peu revisité depuis sa parution originale dans les années 90, donc j’ai voulu lire le texte et finalement il y a énormément en commun. Mais il y a quand même quelques parties en plus dans la pièce, qui est d’ailleurs une nouvelle mise en scène par rapport à la première version. Inversement, il y a de petits passages en plus dans le livre qui mettent en lumière la démarche d’Eve Ensler. On voit d’autant plus que tout ce qui se dit dans la pièce a été vécu un jour par des femmes. En fait, les deux œuvres se complètent bien.

Comme je venais juste de voir la pièce quand j’ai lu le texte, il y avait pas mal de choses que j’avais déjà vues. Mais j’ai quand même l’impression que ça vaut le coup de voir l’une et lire l’autre. Je pense que le texte complète la mise en scène plus que l’inverse. Il serait vraiment dommage de se priver de la puissance du jeu des actrices. Les mots seuls sont forts, mais la mise en mouvement ajoute une nouvelle dimension à l’œuvre.

Je ne détaille pas trop les sujets abordés, car je pense que cette pièce doit être découverte et non expliquée. Si vous avez l’occasion de la voir en scène, n’hésitez plus, et sinon vous pouvez toujours lire le texte ! De mon côté, je voulais en parler dans mes petits bonheurs, mais finalement ce n’est pas une pièce qui rend heureux, c’est tout simplement une œuvre essentielle, d’une portée sociale immense.

Qui connaît déjà ? Avez-vous vu ou lu la pièce ? On peut en discuter en commentaire ! 

Bon dimanche à toutes et tous !

5 réflexions sur “[Du théâtre au livre] Les Monologues du vagin d’Eve Ensler

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