Cœur battant d’Axl Cendres

Y a des jours comme ça, où une boite mail peu se transformer en hotte du père Noël virtuel. Des jours où ne reçoit non pas un sept millionième spam mais un ptit mot d’Axl Cendres qui me propose de lire son nouveau roman parce qu’elle a vu une de mes chronique sur son roman Dysfonctionnelle ❤ Bon comme c’était un PDF j’ai quand même emprunté le SP de la librairie où je travaille mais du coup merci Axl et merci Sarbacane! Cœur battant, c’est l’histoire d‘Alex, qui après avoir tenté de se suicider se retrouve dans une clinique pour riches avec des problèmes d’addiction ou de dépression. Dans le groupe des « suicidants » il va faire des rencontres… surprenantes!

Pour être 100% honnête dès le départ, au vu du sujet je ne m’attendais pas vraiment à un roman comme ça. Il y a beaucoup d’humour et les personnages sont bien plus léger que je ne l’aurais cru. En plus j’ai comme une impression d‘effet de mode autour du sujet de la santé mentale et tout particulièrement du suicide. Par exemple il y a un petit moment j’ai lu La Rencontre du dernier espoir de Kelley York, qui est un roman assez sombre mais qui (à mon sens) traite vraiment bien du sujet de la dépression, sans un faire un sujet « tendance » et surtout sans farder la noirceur de cette maladie.  Avec Cœur battant, j’ai eu cette impression et j’étais un peu embêtée que le sujet soit finalement pris plutôt à la légère (du moins c’est comme ça que je l’ai vécu). Après, j’ai forcément eu un énorme biais car je m’attendais à un roman beaucoup plus dark (surtout en ayant lu Dysfonctionnelle) alors que c’est plus un roman qui rend accessible un sujet grave, pour des jeunes ados (ça ne me choquerait pas qu’un adolescent de 13 ans le lise par exemple). Donc si on enlève les préjugés que j’avais avant de me lancer, ça change pas mal la donne, je pense que je ne suis pas rentrée dans ce roman avec le bon angle et du coup ça à un peu (beaucoup) modifié mon point de vue.

Donc si on sort de cette optique, voici mon ressenti sur les personnages : j’ai beaucoup aimé Alex. Son idée principale et qu’aimer c’est bien beau, mais si c’est pour souffrir mille morts à chaque fois qu’on perd un être cher, autant arrêter d’aimer et en finir en une seule mort. C’est le plus attachant des tous, mais j’aurais aimé que son background soit un peu plus développé, par exemple sa relation avec son père. On sait qu’il en a un, qu’il est présent, mais c’est tout… Pareil pour Alice, elle a une vraie histoire (et une vraie chienne de vie) mais on a du mal à emboîter tous les éléments pour vraiment la comprendre. C’est comme si on survolait chaque personnage, les principaux comme les secondaires. Et d’ailleurs en parlant de personnage secondaire, il y a Colette, une vieille dame suicidaire elle aussi, un personnage globalement plutôt attachant, si ce n’est qu’elle est l’objet d’un comique de répétition un peu lourd : elle ne parle quasiment qu’en grandes citations sur la vie et la mort. Les dix premières fois, c’est marrant, mais à la onzième pseudo-grande-métaphore sur une seule et même page, ça devient horrible. Ça m’a même un peu gâché mon plaisir car pour moi ce genre de manière de s’exprimer est… horripilante! Après il faut dire que je ne suis pas super sensible à l’humour de répétition donc je n’étais peut-être tout simplement pas la bonne lectrice pour ce roman.

Plus globalement, j’ai quand même aimé ma lecture, la preuve, j’ai tout dévoré en une soirée et un bout de matinée! La plume reste géniale, les péripéties de notre petite bande suicidaire se suivent super facilement et on ne s’ennuie pas. Mais la fin reste prévisible et encore une fois je suis restée un peu sur ma faim car j’aurais aimé que le sujet du suicide et de la dépression soit pris un peu plus à bras le corps…

Vous l’aurez compris, je ne suis pas totalement convaincue mais je ne peux que vous conseiller de vous faire votre propre avis. Surtout que maintenant, vous savez que ce n’est pas un roman pour vous tirer toutes les larmes de votre corps mais plutôt un livre qui permet de dédramatiser un sujet dur et pourquoi pas d’ouvrir la discussion. D’ailleurs je ne suis pas toujours facile quand il s’agit d’humour alors il y a de fortes chances que même si ce n’est pas totalement passé pour moi, ce roman soit un régal pour vous!

Cœur battant sera disponible en librairie à partir du 5 septembre, est-ce que vous pensez le lire? Ou peut-être que certains d’entre vous l’on déjà lu si vous êtes partenaire Sarbacane? Dites moi tout!

Des bisous et à bientôt! 

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10 réflexions sur “Cœur battant d’Axl Cendres

  1. J’ai aussi eu l’occasion de le lire par le même biais que toi ! Et si j’ai aussi eu des réserves, ce ne sont pas vraiment les mêmes que toi. (Par contre, il peut y avoir des SPOILERS pour celles et ceux qui n’ont pas lu le roman !)

    Le côté léger dont le sujet a été abordé ne m’a pas choquée. (Bon, déjà, à dire vrai, je ne savais pas du tout de quoi ça allait parler avant de commencer, donc je n’ai pas pu me faire d’idées sur comment ça allait être traité.) Ce cynisme et cet humour qui peut surprendre de la part de personnes désireuses de se suicider ne m’a pas dérangé plus que ça. J’ai eu l’impression que, comme leur projet était fixé et définitif (en théorie), ils pouvaient plus ou moins avoir le cœur léger (comme Alex qui s’autorise à aimer vu qu’il sait qu’il ne souffrira pas de sa mort). Par contre, que Jacopo n’ait aucun humour, aucun rire, aucun plaisir « colle » au personnage qui est dans une dépression profonde et inexorable. Je ne sais pas si je suis très claire…
    Comme toi, les aphorismes de Colette m’ont parfois fait soupirer, mais au final, ça ne m’a pas dérangée parce que je me dis que c’est ce que peuvent aussi ressentir les autres personnages, cette lassitude dès qu’elle ouvre la bouche, ou ce qu’on ressentirait en croisant une personne comme ça dans la vraie vie.

    De mon côté, j’ai plus été gênée par le côté prévisible de la fin. Qui va rester, qui ne va pas rester, ça se devine assez vite. Idem dès que les hippies entrent en scène, tu te doutes de ce qui va se passer… Ça, et la romance au premier regard.

    Mais sinon, ça reste une chouette lecture, bien qu’en-deçà de Dysfonctionnelle (qui a peut-être un peu trop élevé mes attentes). Bon, sur ce, je pourrais plutôt aller écrire ma chronique ! (Désolée pour le pavé !)

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  2. Pingback: Bilan d’août | La tête en claire

  3. J’ai hâte qu’on le reçoive à la librairie aaaaah !! De mon côté j’avais été mitigée autour de Dysfonctionnelle à la première lecture, et finalement c’est un roman dont je me souviens encore beaucoup 3 ans plus tard et qui s’imprègne encore beaucoup en moi (pas sûre de cette phrase). Mais j’avais adoré Bibow Bradley !! 🙂

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      • Ca y est je l’ai lu :p Bon, un peu moins de coquilles que dans Dysfonctionnelle, mais j’avoue j’ai du me forcer à oublier les deux coquilles de relecture au début du roman pour simplement apprécier l’histoire (dès la troisième ou cinquième page, quand même, je me suis mis à parler toute seule au roman « Ah non Sarbacane, ça va pas, j’en ai marre que mes lectures d’Axl Cendres soient encore pourries de coquilles !  » XD). J’ai aimé dans l’ensemble, mais quelques clichés ou traits de caractères m’ont fait tiquer… Sinon on retrouve les dialogues enlevés et drôles propres à l’auteure, des situations assez sympas qui m’ont faite sourire (La marche en pleine conscience et la présentation de chacun des suicidants au début en font partie). Comme toi, les métaphores et allégories sur la vie et la mort à outrance ont fini par m’ennuyer, si au début je m’arrêtais deux minutes pour saisir chacune d’entre elles, à la fin je les passais bien rapidement, attendant la suite des évènements. Bref, il n’arrive pas à la cheville de Bibow Bradley, mais en même temps elle a mis la barre si haut dans mon coeur avec ce roman là… 🙂

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  4. l’humour à répétition, il faut le maîtriser et savoir s’arrêter, tu as raison. le suicide comment en parler??? je veux dire par là que ce n’est pas seulement un sujet grave mais qu’on ne sait en général pas trop comment approcher cette idée ( sauf pour les gens qui pensent franchi le pas bien sûr). et j’aime bien que tu aies compris qu’un livre ne se ressent pas de la même manière selon nos attentes, notre état d’esprit, notre vécu etc… la légèreté dont tu parles, elle nous gêne parce qu’on pense à l’issue de ce geste; mais avant qu’il ne se produise il y a bien des trucs peu importants à vivre sans doute… quant au côté « mode » du sujet… il y a le bon et le moins bon côté, mais si ça permet de sensibiliser pourquoi pas? le lirai-je? je ne sais.

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