Les Petites Reines de Clémentine Beauvais

Mesdames, Messieurs, sous vos yeux ébahis vous allez assister à ma réconciliation avec Clémentine Beauvais, enfin c’est une réconciliation unilatérale vu qu’elle n’a jamais été au courant de cette brouille. Son roman Songe à la douceur ne m’avait pas du tout convaincue alors que tout le monde l’encensait, ce qui m’a laissé sceptique. Et puis comme le dit l’adage : chat échaudé craint l’eau froide. Sachant que tout le monde semble adorer Les Petites Reines, j’étais moyennement motivée pour me lancer. Mais face à l’union de plusieurs ferventes partisanes de Miss Beauvais (en gros la moitié de ma promo) j’ai fini par me lancer et lire ce roman. Et voilà, je peux le confesser, aujourd’hui je suis réconciliée avec cette romancière que j’ai (injustement) dédaigné pendant plusieurs mois. Sinon, pour ceux qui ont un train de retard, Les Petites Reines, c’est l’histoire de trois filles que la nature n’a pas gratifié d’un faciès élégant à la naissance. Leur camarades de lycée les ont élues « Boudins d’or/argent/bronze », plutôt que de se morfondre elles entament un road trip complètement barré, direction la garden party de l’Élysée! 

***Mini paragraphe où je râle pour la forme***

Je comprends enfin qu’on puisse adorer ce roman, il a plein de raisons à cela! Mais je dois quand même préciser que je trouve qu’on en fait quand même un peu trop, c’est un très très bon roman mais c’est plus un petit galet dans la flaque qu’un pavé dans la marre. Voilà, c’était le seul point négatif de ma lecture. Mais de toute façon je n’aime pas trop quand tout le monde s’extasie devant une oeuvre (livre, film, …), ça doit être mon petit côté snob anticonformiste. Si tout le monde en parle, ça m’emmerde un peu et en plus ça fausse mon ratio attentes/réalité, ce qui peut gâcher le plaisir de lecture, alors que moi j’aime lire sans préjugés. Malheureusement ce n’est pas toujours facile de ne pas avoir de préjugés, à mon grand regret.

***Fin du mini paragraphe où je râle pour la forme***

Pourquoi Les Petites Reines sont elles aussi géniales? Parce que des héroïnes grosses et moches on en croise pas tous les quatre matins! Encore moins si elles s’assument et surtout parce que pour une fois (et j’aimerais que ce soit tout le temps comme ça) « être moche » et bien, on s’en moque! Même si on assume de ne pas avoir un corps de Miss France dire « je suis moche » est censé indiquer un profond dégoût de soi alors que non, on peut être moche et très bien le vivre. Ce mot n’a pas besoin d’avoir une connotation négative. Je me dis que si on pouvait prononcer « je suis moche » de la même manière que « je suis blonde » peut-être qu’il y aurait moins de complexes sur le long terme. Il faut arrêter de mettre le physique au sein de tous les rapports humains et arrêter de connoter le mot « moche ». Les Petites Reines sont d’utilité publique sur le sujet! Pour une fois des ados grosses ne font pas tout pour maigrir et elles se foutent pas mal de savoir si elles vont perdre du poids en faisant du vélo, ce n’est pas l’objectif.

Le roman est frais, léger, c’est une immense bouffée d’oxygène. Mireille, la narratrice du roman, est bourrée d’humour. Elle a un très bon sens du second degré mais c’est aussi une fille adorable, à l’écoute des autres et qui sait tirer le meilleur de ses expériences. La plume de l’auteure est fluide et guillerette, nous entraînant dans les roues de nos trois boudins et du Soleil (un autre personnage important du roman) avec un enthousiasme qui fait du bien. L’auteure nous permet aussi de profiter pleinement de cette épopée loufoque tout en plaçant de-ci de-là plein de petites remarques ultra pertinentes sur des sujets importants : le féminisme, les situations de handicap, la place des médias dans nos vies, le harcèlement scolaire et j’en passe!

Ceci n’est pas une blague de mauvais goût, il est aussi question de boudins au sens littéral dans Les Petites Reines!

Pour moi ce roman est une superbe lecture, peut-être pas encore un coup de cœur, mais j’ai vraiment apprécié le message que fait passer Clémentine Beauvai. Elle utilise les mots justes, choisi ses thèmes avec soin et les défend avec (im)pertinence. C’est un roman vraiment génial que je recommande à tous et toutes, des ados aux centenaires (en plus pour cette catégorie, c’est bien connu, le rire rajeunit). Rien que penser à ce livre me met le sourire aux lèvres, il est tellement joyeux et positif!

Alors qui a déjà lu Les Petites Reines? Vous avez aimé? Dites moi tout en commentaire!

Des bisous, des boudins et à bientôt!

En bonus dans mon élan de bonne foi et de réconciliation je suis allée voir le blog de Clémentine Beauvais et j’ai lu quelques billets qui sont ma foi fort pertinents! Comme cet article sur la récente polémique des « primo-romanciers ». Allez donc y faire un tour!

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17 réflexions sur “Les Petites Reines de Clémentine Beauvais

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  4. Bon, moi je vais détonner un peu… je n’aavais pas du tout accroché à cette lecture, j’ai trouvé l’humour un peu trop lourd et gras et j’ai abandonné ma lecture au bout de 50 pages lol! Par contre, j’ai bien aimé Songe à la douceur!

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  5. J’ai trouvé que c’était un bon roman jeunesse dans l’ensemble et qui a le mérite de présenter des personnages atypiques. Après je n’avais pas non plus été transportée, je crois que le côté un peu collégien et terre à terre (les boudins, la campagne française etc) m’avait un peu fait tiquer.

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  6. Ce n’est pas le premier roman surcôté que je croise. Le phénomène est assez récurrent, et renforcer par lae fait que même si cela tombe à plat pour quelqu’un il n’a pas trop envie de passer pour un con, alors cela alimente le buzz toujours plus.
    Bref, pour le roman, bien sympathqiue mais trop loin de ma sphère!

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    • Oui c’est vrai! Surtout qu’en étant blogueuses ont a tendance à être abreuvé par les avis de tous le monde et on commence rarement un livre sans jamais en avoir entendu parler ailleurs. Du coup c’est à la fois un plus pour découvrir plein de livre, mais on perd la spontanéité de se jeter dans un livre sans rein en savoir et vierge de tout à priori…

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  7. Tout pareil que toi, j’ai découvert Clémentine Beauvais avec « Songe à la douceur », qui m’a laissée complètement à côté… A l’inverse, j’ai beaucoup aimé « Inséparables », le roman de Sarah Crossan, également en vers libres, traduit par Clémentine Beauvais. Le procédé m’a semblé moins « artificiel » dans ce roman.

    Et puis j’ai lu « Les Petites Reines », quand il a obtenu le Prix Sorcières, et – sans que ce soit un coup de cœur absolu non plus – ça a été un très bonne lecture, à la fois tendre, dynamique et bousculant les clichés.

    Et puis moi aussi je me suis baladée sur son blog, je l’ai croisée à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux et j’aime bien ce qu’elle dit, ce qu’elle dégage.

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    • Merciiii pour ton commentaire! J’aime me sentir moins seule, les gens qui n’ont pas aimé Songe à la douceur ne sont pas légion alors je les chérit tout particulièrement XD En plus tu me donne envie de poursuivre la découverte avec Inséparables!

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