A demain, Lou de Marie-Claude Vincent

Je me considère comme une vraie pleureuse et de temps en temps quand je sens que je suis émotionnellement suffisamment stable pour lire un livre qui va me faire pleurer toutes les larmes de mon corps j’en choisi un dans ma PAL. Et avec A demain, Lou, au vu des chroniques que j’ai pu lire, je m’attendais vraiment à chialer comme un crocodile… Sauf qu’au final j’ai à peine versé une larme à la fin, vous vous posez surement la question (et moi la première) : Mais pour quoi une telle sécheresse lacrymale??? Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de ce livre, ou très vaguement, c’est l’histoire de Lou dont la grande sœur est morte quand elle avait 12 ans et qui a passé plusieurs mois dans un déni total, attendant le retour de sa sœur.

Attention : Dans cet article les thèmes abordés ne sont pas hyper joyeux (deuil, décès), mais les réflexions que ce livre m’a permis sont sans prix à mon avis. Et je crois que je n’aurais jamais réussi à chroniquer un tel livre sans le lier à mon expérience personnelle, après tout certains livres sont aussi là pour nous parler de nous et nous faire réfléchir.

Commençons donc par cette question qui me brûle les lèvres, pourquoi ce livre ne m’a pas remué autant que prévu? Et bien je pense simplement qu’on a tous notre manière de porter nos deuils et que le déni ne fait pas partie de ma manière de gérer le chagrin. En fait je suis hyper connectée à mes émotions, et voir le personnage de Lou nier en bloc la mort de sa sœur ne m’a pas parlé car je ne suis tout simplement pas du tout comme ça. Après il y a aussi le fait qu’on est surement plus sensible au deuil des autres quand on a connu la même chose et je fais partie de ceux qui ont la chance de n’avoir perdu que très peu de proches et seulement « dans l’ordre des choses » (vieillesse). Certains de mes amis ont perdu des proches de notre âge et c’est à chaque fois très perturbant mais je pense qu’on n’envisage pas la portée de ce genre de décès tant que ça ne nous arrive pas comme un uppercut en pleine face. Le décès d’un enfant (Elizabeth a 16 ans lors de sa mort dans le roman) est probablement (je ne peux qu’imaginer) la pire perte qu’on puisse subir. Mais personnellement c’est quelque chose que j’ai du mal à envisager, la vie m’a suffisamment épargné pour que la mort soit presque une idée abstraite à mes yeux et je pense que c’est pour ça que ce livre ne m’a pas autant fait vibrer que prévu.

D’un point de vue un peu plus littéraire, le roman met en parallèle le deuil de Lou et les souvenirs qu’elle a gardés de sa sœur. Je crois bien que ce roman touche à quelque chose de l’enfance avec ses souvenirs, la force de la fratrie. Il y a une très grande honnêteté dans ce texte. Mais d’un autre côté, les souvenirs des autres peuvent nous donner l’impression de rentrer dans une intimité qui nous est purement étrangère et en tant que personne farouchement indépendante j’ai placé une certaine barrière dans cette incursion sauvage au cœur des souvenirs de cette adolescente en deuil, d’où peut-être cette sécheresse lacrymale. Pour revenir un peu à cette enfance, j’ai trouvé magnifique la manière qu’à l’auteure de montrer comment les enfants ne grandissent pas tous à la même vitesse et que parfois la vie nous force à grandir sans nous ménager.

Par contre j’ai parfois trouvé que le roman avait de légères allures de catalogue, surtout au début où on ne fait qu’enchaîner les souvenirs de jeunesse de Lou. Par la suite j’ai adoré le développement autour du deuil, comment le comportement de la famille peut tout changer. La famille de Lou ne lui a jamais dit « Elizabeth est morte » mais seulement « elle a disparu », « elle est partie », alors Lou attends son retour et s’enfonce dans le silence alors qu’autour d’elle tout le monde évite soigneusement le sujet. Comme quoi, parfois un mot peut tout changer et si les mot font parfois mal, mieux vaut une coupure nette qui pourra cicatriser que des échardes enfoncés doucement qui pourront s’infecter.

Si Lou est une jeune fille attachante dans son chagrin j’ai particulièrement adoré son oncle, on ne le voit pas énormément mais j’aurais adoré être aussi proche d’un des membres plus âgés de ma famille. Peu de jeunes s’en rendent compte, mais pouvoir parler à cœur ouvert et en toute confiance à un adulte pendant sa jeunesse est une chance immense! Plus jeune j’ai toujours eu tendance à avoir des « amis adultes » et ça m’a apporté beaucoup, de plus en plus en grandissant car on croit toujours qu’on ne surmontera pas nos problèmes, mais un adulte qui vous dit avec honnêteté et justesse qu’avec le recul tout fini par s’arranger et bien on fini par y croire, et c’est vrai!

Voilà pour cette chronique un peu bizarre où je vous parle de moi en vous parlant de ce livre… Même si je n’ai pas pleuré comme je l’aurais cru et que ce livre ne fut pas une purge émotionnelle pour moi, je trouve qu’il aborde avec beaucoup de tact de deuil de l’enfant par un enfant. Dans tous les cas c’est un livre qui fait réfléchir et qui mérite d’être lu!

Qui connaissait? Qui l’a lu? Dites moi tout en commentaire! 

P.S. : Je remercie My Pretty Books et Robert Laffont car j’ai gagné ce livre au concours des 8000 abonnés Instagram de My Pretty Books (elle en est maintenant à près de 25000, il était temps que je lise ce livre!)

4 réflexions sur “A demain, Lou de Marie-Claude Vincent

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