L’usage du monde de Nicolas Bouvier

Je me sens assez efficace sachant que pour l’instant je suis plutôt bien dans les temps pour mon mémoire, j’ai l’impression d’être une personne organisée et efficace (ce qui ne m’arrive pas souvent pour ne pas dire jamais car je ne suis pas ce genre de personne…).  Je viens de finir de lire mon corpus principal et j’ai vraiment plein d’idées pour en parler! Je pense que je vais centrer ma problématique sur la rencontre dans ces récits de voyage, ça me botte bien comme thématique! Du coup aujourd’hui je vais vous parler de L’usage du monde de Nicolas Bouvier que j’ai découvert grâce à mon directeur de mémoire. C’est le récit d’un voyage depuis la Serbie jusqu’au Pakistan avec une Fiat dans les années 50.

  

C’est toujours impressionnant de lire ou de voir des oeuvres ou les auteurs ont plus ou moins votre âge et on une vie bien plus délirante que la votre, ce dernier mois j’ai eu cette sensation de « ah merde en fait cette personne a quasiment mon âge » deux fois : la première fois en rencontrant les membres d’un groupe que j’adore (Our Last Night) et dont le chanteur a 24 ans (j’en ai 22), le groupe à déjà fait plusieurs tournées internationales et sorti plusieurs albums, je n’ose même pas imaginé ma vie si j’étais à leur place! Et maintenant je réalise que Nicolas Bouvier avait 24 ans lorsqu’il est parti en voyage pendant de nombreux mois. Comme quoi c’est bien con de se dire qu’on est trop jeune (ou trop vieux, quand Alexandra David Néel a traversé le Tibet à pied elle avait presque 60 ans), on se met bien souvent des bâtons dans les roues tout seul et je penserais à ces personnes la prochaine fois que je me dirais « non mais moi je ne peux pas ». Et puis bon jusqu’ici cette mentalité que j’avais déjà un peu m’a réussi alors je ne vais pas m’arrêter de si tôt! Mon mantra : réaliser un rêve par an, j’ai commencé il y a trois ans et depuis je m’y tiens. Des petits rêves ou des grands, peu importe, l’essentiel c’est de faire ce qui nous rends heureux! 

Pour en revenir au livre, j’ai beaucoup aimé cette idée que partir en voyage comme ça pour des mois et des mois, n’avait rien d’insurmontable, à aucun moment l’auteur ne rabâche que c’est une idée folle ou un truc que personne ne peut faire. En fait on a l’impression que Nicolas et Thierry (son ami) partent comme on part le matin acheter son pain, avec zéro appréhension, comme si on pouvais faire ça tous les matins que le monde fait! Par contre c’est là que le bat blesse sur la longueur, j’ai vite eu l’impression que le voyageur était complètement blasé, qu’il nous racontait sa vie sans passion comme s’il s’agissait de son quotidien et non pas d’un grand voyage à la découverte du monde.

Vers la moitié du roman, au lieu de l’enthousiasme du voyageur qui jusque là berçait le récit (à tel point que j’ai eu comme un petit goût de Sur la Route dans la bouche), l’auteur se met à changer sa plume pour un style beaucoup plus lourd et étouffant pour le lecteur. Personnellement après un début qui me bottait carrément, avec de superbes passages qui me donnaient envie de monter dans ma voiture et partir admirer les beautés du monde,  j’ai fini par me lasser et à subir le texte plutôt que d’en profiter. Je pense que c’est aussi dû au fait que j’ai énormément lu en peu de temps pour avancer sur mémoire (plus de 6h par jour) donc j’en avais aussi probablement marre de lire, c’est à prendre en compte. Dans tous les cas je relirai ce livre à tête reposée plus tard puisque je comte quand même le garder dans mon corpus de mémoire, je ferais peut-être un petit update à ce moment là sur mon ressenti.

Conclusion, après un départ sur les chapeaux de roues qui m’a fait vibré avec les deux voyageurs, le récit s’embourbe et mon enthousiasme avec. Mais je reconnais qu’il y a de superbes passages et que certains dessins du compagnon de route de Nicolas Bouvier son vraiment sublimes! Je pense vraiment que ce roman mérite une seconde lecture pour moi.

Et vous, vous connaissiez? Que lisez vous en ce moment?

Des bisous et bonnes lectures!

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12 réflexions sur “L’usage du monde de Nicolas Bouvier

  1. Oh mais c’est un super sujet de mémoire ça ! J’espère que je pourrais le lire quand il sera terminé ? 😀
    Ton intro m’a beaucoup rappelé mes propres réflexions… J’ai l’impression que « dans le temps », les jeunes étaient beaucoup moins embourbés par les dictats de la société et avaient tellement plus de facilité à entreprendre des choses qu’on pourrait décrire comme « folles » aujourd’hui. En soi, il suffit juste de se lancer. Mais je n’ai pas honte de dire (ce que j’ai passé mon temps à me répéter) que tout paraît plus compliqué maintenant. J’aurais pu, moi aussi, partir un an au Japon en PVT comme mes potes de fac, mais j’avais d’autres ambitions dans la tête, on m’aurait demandé ‘pourquoi cette année sabatique alors que vous vous destinez à un autre cursus ?’
    J’aurais pu, moi aussi, prendre un gros sac-à-dos et m’en aller seule sur les routes, suivre les chemins qui m’attirent et me font rêver… Mais voyager seule, ça ne me tente pas, je préfère tellement partager… Et là où plein de personnes que je connais font je ne sais combien de voyages par an, parce qu’elles trouvent le bon compagnon, je sais que les personnes les plus à même de m’accompagner sont elles aussi occupées par les devoirs que la société exigent d’elles (suivre des études, effectuer un stage, et j’en passe).
    Je vais arrêter là ce constat déprimant que je dois me faire à l’idée d’accepter xD
    Et je vais terminer sur une note plus joyeuse, en approuvant à 200% ta vision des choses : l’essentiel est de faire ce qui nous rend heureux, que ce soit une grande ou une petite chose.

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  2. Alors déjà 1) Bravo et courage pour ton mémoire (dieu sait que j’ai souffert avec les miens où j’étais rentrée dans une relation amour-haine)
    2) ma grand-mère m’a très souvent parlé de Bouvier qu’elle adore et dont elle a lu tous les bouquins, et si on rajoute ta chronique = Mimine Want To Read It NOW.
    3) Oh que oui je comprends le coup du « j’ai ton âge et j’ai fait tellement plus de choses que toi ». Ce qui m’arrive dès que je découvre que les auteurs contemporains que je lis sont de la même génération que moi. C’est pourquoi là je lis des auteurs qui sont morts. Moins de problèmes d’ego, parce que moi je suis vivante et eux ne le sont plus (logique de Mimine).

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    • On est encore en lune de miel avec mon mémoire, peut-être que d’ici juillet on sera plus proche du divorce XD Haha moi j’ai déjà envie de le relire car j’ai l’impression qu’il est statistiquement improbable que je n’ai pas adoré ce livre XD Haha moi j’ai un problème avec les auteurs morts, j’ai encore ce jeunisme en moi qui me fait dédaigner les vieux morts, c’est un peu trop définitif comme statut, et puis au moins si je suis fan l’avantage c’est que les vivants peuvent continuer d’écrire =P Mais je comprends tes douloureux problèmes d’ego XD

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  3. je n’ai jamais lu cet auteur. le ton blasé fait râler celui qui n’est pas parti 🙂 et, oui tu as raison, ne pas se bloquer sur l’âge, si on compare, on se fait du mal pour rien, le mieux est de ne regarder que sa propre trajectoire. mais…. facile à dire hein!!! 😉

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  4. Je ne connais pas, mais ce n’est pas vraiment le genre de récit qui m’attire. Par contre, je reste fascinée et impressionnée par les gens qui font ce genre de choses ! Je pense donc que le ton blasé du roman risquerait de me gêner également…
    Et au passage, bon courage pour ton mémoire 🙂

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