C’est le cœur qui lâche en dernier de Margaret Atwood [SP#21]

La réputation de Margaret Atwood la précède surtout avec le regain d’intérêt autour de La Servante écarlate depuis son adaptation en série.  Livre que j’ai d’ailleurs chez moi depuis un moment mais que je n’ai toujours pas lu et comme je suis une personne logique j’ai commencé par un autre de ses romans, le dernier en date : C’est le cœur qui lâche en dernier, que j’ai pu lire grâce à Netgalley et les éditions Robert Laffont que je remercie! Cette lecture tombe très bien car je voulais découvrir cette auteure depuis un moment ❤ Et quelle découverte surprenante! Dans un futur pas si futur, une énorme crise financière a frappé une bonne partie des Etats-Unis et de nombreux emplois ont été supprimés créant ainsi un taux de chômage sans précédent et laissant des milliers de personnes à la rue. Charmaine et Stan en font partie, ils ont perdu leur jobs et vivent désormais dans leur voiture. Charmaine fait un petit boulot de serveuse qui leur permet de vivoter mais lorsqu’ils entendent parler du projet Positron, ils n’hésitent pas longtemps à signer. Le projet Positron est mis en place dans une ville close au monde extérieur et contre un mois en prison à travailler pour l’intérêt collectif, les habitants ont droits à un mois avec un travail et des conditions de vie plus que respectables avec deux populations qui s’alternent entre prison et ville chaque mois.

Côté personnage,  Charmaine et Stan n’ont rien des personnages classiques et ne sont donc pas attachants pour eux mêmes. Ils sont plus losers qu’héros. Stan est un peu l’incarnation du beauf et Charmaine de l’idiote naïve. Donc en gros pas un super combo gagnant, mais en même temps ils rendent le tout plus crédible et même s’il sont plutôt agaçant, on fini quand même par avoir une sorte de tendresse pour eux. Par contre si on croise d’autres personnages, ils sont globalement assez froids et soit bêtes soit calculateurs donc l’atout des personnages c’est leur logique au sein du récit plus que que leur profondeur… C’est assez particulier mais ça cadre avec l’esprit du roman. Pour une fois c’est intriguant mais en général c’est quelque chose qui ne m’attire pas forcément.

Pour le roman en lui même je dois avouer que j’ai mis longtemps à le lire et à rentrer dans le délire de l’auteure. Le départ est assez lent et si la mise en place du contexte est intéressante, elle finit pas être lassante. En fait j’ai vraiment aimé la fin, un peu le début mais tout le milieu m’a lassé, j’en avais un peu marre des turpitudes de Charmaine et de l’obsession sexuelle de Stan. La fin du roman est assez trépidante avec plein de révélations sur l’intrigue du récit, la dynamique est pas mal mais le centre est mou, lascif. Et surtout c’est un univers assez malaisant, en tant que lecteur on est placé en position de voyeur, l’auteure nous fait regarder ses personnages en train de se débattre dans un monde qui les pièges et les abrutis et on assiste a cette déchéance avec un regard un peu glauque un fait. C’est une atmosphère qui suinte, assez lourde.

Par contre j’ai quand même apprécié certains aspect du roman et on ne peut pas refuser à Margaret Atwood son talent de laborantine socio-littéraire, elle crée un contexte tout à fait réalisable et observe ses petits rats de laboratoire/personnages pour nous offrir une dissection sociale de l’humain et de ses déviances. C’est presque cruel à lire et clairement pas optimiste, mais ça fait cogiter!

Alors lire ou ne pas lire C’est le cœur qui lâche en dernier? A vous de voir, c’est un livre qui dérange, qui interpelle, dans un style peu commun mais percutant. Je suis contente de l’avoir lu mais je l’ai quand même trouvé un peu long et assez dérangeant. J’attends de voir ce que ça va donner avec La Servante écarlate de la même auteure!

Et vous, avez-vous lu des livres de Margaret Atwood? Qu’en avez vous pensé? Dites moi tout en commentaire!

Bonnes lectures et à bientôt! 

8 réflexions sur “C’est le cœur qui lâche en dernier de Margaret Atwood [SP#21]

    • J’ai utilisé malsain? Je pensais justement avoir fait attention à ne pas l’employer car c’est subjectif et souvent un peu trop tranché, je crois avoir mis malaisant (qui me met mal à l’aise moi) . C’est très supportable, j’ai lu pire mais bon si tu n’aime pas je ne vais pas te conseiller de te jeter dessus 😂

      Aimé par 1 personne

  1. Pingback: Bilan de Septembre | La tête en claire

  2. je ne connais pas l’auteur, ni n’ai entendu parler de ce livre que je NE lirai PAS. je préfère de loin la démarche du film « Demain » même si ce n’est pas la panacée, ça donne envie de faire quelque chose de positif. les turpitudes ne m’intéressent pas, la vie est déjà assez difficile, non? je n’aime pas les ambiances malsaines, c’est pourquoi j’ai calé par exemple sur la lecture des romans de Simenon. quand tu parles d’un monde malaisant, tu veux dire qui CREE le malaise?

    Aimé par 1 personne

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