La Rencontre du dernier espoir de Kelley York

Le dernier ouvrage que j’ai lu de Kelley York m’avait beaucoup marquée (cf. Sous la même étoile) deux autres de ses romans sont sortis en France cette année mais seul le sujet de La Rencontre du dernier espoir m’a interpellé, et pas qu’un peu! De temps en temps j’aime bien me faire remuer les tripes par des romans au sujet difficile et celui de ce livre est justement le suicide (et aussi la dépression par extension). Ce n’est clairement pas quelque chose dont on parle tous les jours et pourtant la dépression nous entoure, je l’ai côtoyée (et la côtoie encore) dans mon entourage plus ou moins proche et c’est quelque chose auquel il est dur de faire face, mais qu’en est-il pour ceux qui sont touchés de l’intérieur? Ceux pour qui vivre est devenu un combat perpétuel contre eux même? Si j’ai déjà eu des périodes pas faciles psychologiquement, j’ai toujours eu la chance d’être entourée et de réussir à retrouver la joie qui me caractérise aujourd’hui. C’est parce que j’ai cette chance que j’ai eu envie de découvrir ce roman, pour comprendre la douleur de ceux pour qui le sol se dérobe sans fin, ceux qui n’arrivent jamais a trouver une lueur ou une échappatoire à cette douleur. C’est la cas de Vincent qui n’a pas eu une vie facile et qui sombre encore plus à la mort de la seule personne qui lui a témoigné un peu de gentillesse dans sa vie. Incapable de voir le bout du tunnel il s’inscrit sur Suicide Watch, un forum réservé à ceux qui ont des pensées et des projets suicidaires.

Je dois avouer que le roman  ne m’a pas de suite embarqué : au début le style est un peu lourd et maladroit, bien loin de la plume qui m’a totalement happée dans Sous la même étoile. C’est vrai qu’on peut avoir l’impression d’arriver dans un récit un peu voyeur, contempler la douleur d’autrui ce n’est pas franchement facile! Mais si les premiers chapitres ont refroidi mon enthousiasme, je l’ai rapidement retrouvé, j’ai respiré avec les personnages, j’ai ressenti leur douleur et mon cœur s’est serré plus d’une fois pour eux. Du côté émotionnel, le roman est impeccable et surtout très juste! Je regrette simplement que la petite intrigue mise en place en dehors de la relation entre les trois personnages (car oui, Vincent rencontre deux autres ados sur le forum de Suicide Watch) soit aussi mal exploité, quitte à la laisser autant en retrait j’aurais préféré qu’elle ne soit pas là car elle perturbe plus le récit qu’autre chose, sinon il aurait fallu bien plus creuser le sujet en question…

Saurez-vous reconnaître la source de ce dessin? Si oui je vois qu’on a eu la même passion pendant notre adolescence!

Venons-en au cœur du roman : ses trois personnages et leur difficulté à vivre et même survivre. J’ai été touchée par la justesse des mots de l’auteure, loin de farder la dépression ou d’en faire des caisses, Kelley York nous la montre avec une terrible et simple exactitude. La dépression c’est moche, très moche et ça n’a rien de rationnel, : c’est cruel, c’est froid, ça vous prend les tripes, ça fait mal, ça vous tire vers le bas et parfois la douleur est telle que la seule envie qui reste c’est de faire cesser l’horreur. Et parmi les trois personnages, c’est bien Vince qui nous montre le mieux ce que ça peut faire d’être au fond du trou, de n’avoir plus aucune envie. Et par bien des aspects, Vincent m’a touchée, en fait j’ai retrouvé beaucoup de moi en lui, cette peur d’être socialement inadapté, d’être complètement à coté de la plaque, de ne pas être capable d’être aimé, cette hypersensibilité qui broie les tripes quand d’autres sont peu affectés. Bien sûr je gère avec beaucoup plus de recul que lui mes différences et je vis très bien avec (ce sont même devenu mes forces) mais n’empêche que j’ai été sincèrement touchée par cet ado paumé que j’aurais pu être. La manière dont Kelley York nous raconte Vince m’a totalement parlé.

Les deux autres personnes que Vince rencontre sur le forum son Casper et Adam. J’ai adoré Casper, son problème est très différent de celui des garçons et finalement, elle est un peu l’étincelle positive de ce roman, elle est d’une force que peu d’entre nous ont en eux et je l’ai admiré pour ça, elle mène ses propres combats avec beaucoup de dignité. J’ai aussi adoré Adam, s’il est plus en retrait il a aussi son importance et je l’ai aimé pour ce qu’il est et ce qu’il apporte au trio. Je regrette simplement que son évolution soit un peu brutale est pas toujours bien  justifiée dans le récit.

Conclusion : Ce roman m’a cueilli avec plus de douceur que je n’aurais cru et m’a beaucoup touchée, l’histoire d’amour qui s’y développe est magnifique et me restera en mémoire pendant longtemps. Mais attention, ce roman s’il est très juste est loin d’être facile, il est imprégné d’une mélancolie qui n’est pas facile à gérer, surtout au début. Kelley York nous fait bien comprendre que la dépression, on apprend à vivre avec, à sortir doucement de l’eau si on y arrive mais qu’en aucun cas c’est juste un petit truc pas sympa qui fait une bonne intrigue de roman et qu’on oublie comme un mauvais souvenir. La dépression peut toucher là où on ne s’y attend pas, des gens qu’on pensait pourtant avoir « tout pour être heureux » et qu’il n’y a pas de remède miracle, seulement de la patience, de la douceur, de la compréhension, de l’amour et de l’écoute.

Après cette lecture j’ai vraiment envie de découvrir d’autres romans sur le sujet, parmi eux deux sont dans ma PAL : Tout plutôt qu’être moi de Ned Vizzini et Quand la nuit devient le jour de Sophie Jomain. Mais si vous avez d’autres romans sur le sujet à me conseiller je suis preneuse! Sinon, avez-vous lu La Rencontre du dernier espoir? Qu’en avez vous pensé?

Des bisous sur vous et de la joie dans vos cœur, je vous souhaite une belle journée! 

7 réflexions sur “La Rencontre du dernier espoir de Kelley York

  1. Pingback: Cœur battant d’Axl Cendres | La tête en claire

  2. tu as écrit : « La dépression peut toucher là où on ne s’y attends pas, des gens qu’on pensait pourtant avoir « tout pour être heureux » et qu’il n’y a pas de remède miracle, simplement de la patience, de la douceur, de la compréhension, de l’amour et de l’écoute. »; dans les adverbes j’approuve pleinement le « pourtant » et et tique aussi hautement sur le « simplement ». la dépression est une sacrée saloperie dont on peut ressortir plus fort; en ressort-on jamais?… ça fait découvrir la vie d’une autre façon, les valeurs se réajustent<; mais quand j'écris ça, je me demande si c'est valable pour la dépression adolescente?

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