La Ballade de l’enfant gris de Baptiste Beaulieu [SP#4]

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Hello! Mes chroniques de livres se sont faites rares récemment! Mais si tout passe bien, me revoilà au top de ma forme prête à vous faire part de mes avis. Aujourd’hui je vous parle de La Ballade de l’enfant Gris de Baptiste Beaulieu. Je suis régulièrement ses posts sur Facebook et sur son blog (Alors Voilà.) et j’aime beaucoup le rapport sensible qu’il a à la médecine que je trouve extrêmement positif car j’ai l’impression qu’aujourd’hui on déshumanise la médecine. Au lieu de parler on prescrit de plus en plus, et le progrès en santé publique est certes énorme mais je pense qu’il faut replacer l’humain au centre de la médecine (ami lobby, je te fais un coucou sur celle-là, arrête de faire de la santé une marchandise). C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme et de respect pour l’auteur que je me suis lancée dans ma lecture. On rencontre Jo’ interne dans un service de pédiatre où est soigné le petit No’ dont la mère est une grande absente la plupart du temps alors que le gosse est seul face à sa mort prochaine. Jo’ ne peux s’empêcher de s’attacher à ce petit garçon. Mais quand No’ meurt, son fantôme vient tenir compagnie à Jo’ qui va aller d’aventures en aventures pour retrouver la mère du gosse avec ce dernier.

Dit comme ça, ça sonne un peu Casper, mais pas du tout! Ce n’est pas un récit fantastique et en même temps ce n’est pas un récit tout à fait réaliste.  La plume de l’auteur est pleine de douceur et de poésie, ce texte est d’une délicatesse qui fait chaud au cœur! On ne sent pas la tristesse et pourtant le contexte est loin d’être joyeux, une mère au passé lourd, un enfant de 7 ans mort d’une maladie rare, un interne en médecine qui pète gentiment les plombs et dont la vie par en cacahuète … Tous les ingrédients pour un livre à vous plomber le moral sont réunis et pourtant … C’est un livre plein de lumière, de joie, de compréhension, de partage et d’optimisme! Fou non? En me baladant sur le blog de Baptiste Beaulieu je sentais bien qu’il était de ces personnes pleine de beauté intérieure qui font du bien à notre société qui prend l’eau par les trous de l’argent et du consumérisme. Et là paf! Le jeune médecin re-tisse du lien humain! Mr Beaulieu, sachez que j’ai envie de vous faire un câlin et de vous remercier!

La narration est intimement liée à l’histoire et donne le parfait équilibre au roman. Il y a une alternance des chapitres « avant » et « après » la « déchirure », c’est à peu près au point de déchirure que No’ meurt (ce n’est pas un spoil, on le sait dès le début) mais il y a un autre événement qui va avec et qu’on ne découvre qu’à la fin du roman. Et je dois avouer que la fin m’a vraiment surprise, à un moment j’ai cru que j’avais compris la déchirure et j’étais un peu déçue car je m’y attendais mais en fait c’est la révélation derrière la déchirure qui m’a frappée. C’était beau. En plus, le livre nous fait voyager sur les traces de Maria (la mère de No) et au final ce livre ressemble à une sorte d’Odyssée sur les traces du passé et de la vérité. On y croise plein de personnages attachants et parfois gentiment loufoques qui ajoutent des touches de couleur à toute l’histoire!

Jo’ est un narrateur très attachant, touchant, gentil et profondément humain. Lui aussi j’aimerai lui faire un câlin! Ce que j’ai aimé chez lui ce sont ses faiblesses, pour une fois qu’un homme pleure, se révèle derrière les mots, ça fait du bien! Du bien de voir des humains qui sont eux-mêmes et non ce que la société les force à être. Le petit No’ est aussi tellement délicat, je souriais quand il faisait ses petites apparitions, il ajoute encore de l’innocence au roman. Et enfin la mère de No’ est le grand mystère du roman. On a du mal à la comprendre, sa vie entière est un mystère. A eux trois, ces personnages forment un trio apparemment disloqué mais qui donne au livre tout son charme entre douceur, voyage et mystère.

Je me rends compte après coup que je pensais que ce livre aurait pu m’offrir plus d’émotions, mais en fait il est parfait comme il est, il ne nous tire pas les larmes, il nous fait du bien. Tout simplement. Et c’est déjà beaucoup! Je ne peux que vous le recommander! Prenez le comme il est : un petit paquet cadeau remplit de douceur.

Sur ce, je vous dit à bientôt, et n’hésitez pas à partager votre avis ou vos questions en commentaire! Et je remercie grandement Netgalley et les éditions Mazarine de m’avoir envoyé ce livre!

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10 réflexions sur “La Ballade de l’enfant gris de Baptiste Beaulieu [SP#4]

  1. je ne connaissais pas, je viens d’aller sur son blog, je retournerai voir. je lirais bien ce bouquin, trop récent pour le trouver d’occas…. j’attendrai. merci pour le partage. je suis un peu « gênée » (le mot est trop fort) , embêtée? par les expressions que tu reprends, j’aimerais mieux tes mots à toi. sais-tu que la CPAM est sur le dos des médecins, s’ils prescrivent par exemple trop d’analyses pour la thyroïde? comme si un médecin choisissait les maladies de ses patients!!! qu’on les oblige à prescrire des génériques qui parfois se sont avérés complètement inefficaces? au point que le docteur croyait que le malade ne prenait pas son traitement. enfin je ne fais pas le tour des choses, je serais en peine, mais personne n’est ni tout blanc ni tout noir… sur ce « j’vais prendre mes médocs » 🙂 🙂

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    • Tous ces mots sont de moi, pour avoir été étudiante en médecine et toujours être intéressées par le milieu c’est mon point de vue. Et je ne blâme absolument pas les médecins, ils sont au bout de la chaîne, ce qui me gêne c’est ce qu’il y a avant. Les politiques et l’industrie. Ceux qui sont en haut conditionnent le travail de ceux qui sont en bas. Je pense en effet que les médecins sont souvent coincés.

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      • excuse-moi pour cette remarque; c’était par rapport à « replacer l’humain… » ou des choses comme ça; mais bon, après tout, si ça traduit ta pensée, autant utiliser ces expressions. tu as étudié la médecine… tu as dû lire les bouquins de Winckler alors?

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        • Pas de soucis le blog est la pour échanger 😄 Pour l’expression « replacer l’humain au coeur de la médecine  » je n’ai pas inventé l’expression c’est sûr 😊 mais elle représente exactement ce que je voulais dire 😊 Je n’ai pas encore lu winckler mais j’ai le coeur des femmes dans ma pile 😄 Tu m’en conseilles un en particulier?

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          • non! je ne peux pas, je ne les ai pas lus; je t’explique : j’avais entendu l’auteur à la radio pour son premier roman, il m’avait « séduite »; sauf que je n’ai jamais réussi à lire son livre car j’ai bloqué sur le fait que l’auteur s’adressait au lecteur en le tutoyant, et ça pour moi ça ne passe pas; pas le « tu » mais le fait que l’auteur parle au lecteur, je n’arrive pas à lire ce « style ». par contre j’ai vu ensuite le film avec Albert Dupontel et j’ai bien aimé. (la maladie de Sachs)

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