Peter Pan de James Matthew Barrie, illustré par Régis Lejonc

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Salut mes chasseurs de livres! J’ai enfin réussi à lire Peter Pan, ce très grand classique de la littérature jeunesse qui, lecture faite, n’est pas si jeunesse que ça! Mais je suis contente de l’avoir enfin découvert. Quand j’ai vu Pan au cinéma je me suis dis qu’il serait bête de ne pas découvrir l’oeuvre originale de J.M. Barrie et du coup je suis allée dans une librairie, où j’ai craqué pour cette sublime version illustrée. D’ailleurs je ne l’ai pas lu de manière totalement innocente puisque cette lecture va aussi me servir pour un exposé sur le personnage de l’orphelin en littérature jeunesse. Je suppose que la plupart d’entre vous ont déjà vu ou lu de près ou de loin l’histoire de Peter Pan, mais au final, et moi la première, je ne suis pas sûre que grand monde connaisse l’histoire originale qui se perd un peu face à la multitude de ses réinterprétations. Dans ce livre, Wendy et ses deux frères rêvent souvent du pays imaginaire jusqu’au jour où Peter Pan débarque dans leur chambre et les y emmène pour de bon.

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J’ai été très surprise par les personnages mais surtout par Peter. Il n’a rien d’un petit garçon innocent, il est même plutôt féroce, cruel et autoritaire. L’auteur construit son personnage avec brio mais ne fait rien pour nous le rendre sympathique. Peter est un enfant perpétuel, il défend sauvagement son statut et rejette assez brutalement tout ce qui me lui plait pas. D’ailleurs il vit totalement dans son monde et oublie tout ce qui l’entoure au fur et à mesure. Pour lui la vie n’est qu’un jeu perpétuel. Et je dois bien avouer que c’est plutôt désarçonnant. Pour J.M. Barrie les enfants sont « joyeux, innocents et sans cœur », et bien Peter est exactement comme ça. Il fait ce qu’il veut et n’a aucune notion des conséquences, mais c’est ce qui fait aussi la force de ce personnage unique. Les autres enfants du pays imaginaire sont finalement assez effacés, par contre Wendy aussi m’a beaucoup étonnée. Elle n’est guidée que par un instinct maternel débordant et j’ai hésité entre révolte et curiosité pour ce personnage. Car c’est assez hallucinant de voir une jeune fille qui a pour seul objectif d’élever des enfants et de faire le ménage alors même qu’elle est au pays imaginaire! J.M.Barrie cherchait sûrement à critiquer cet aspect là de la société de son époque, très cloisonnée pour les femmes. Mais de nos jours c’est vraiment bizarre à lire. 

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Du coté de l’histoire je suis toute aussi interdite. L’auteur nous embarque dans le récit avec une plume très « classique », soutenue mais agréable à lire, sauf que du coup j’ai eu l’impression de lire un livre « pour adulte » et j’ai eu du mal à rentrer dans l’esprit très décalé du texte qui, face à cette écriture très classique, semble presque surréaliste. J’ai eu cette impression tout au long du récit, comme si l’auteur cherchait à nous exclure du texte pour nous montrer que le pays imaginaire n’est pas là pour nous distraire mais pour nous faire réfléchir. D’ailleurs l’histoire dans sa globalité ne présente pas des centaines de péripéties et je dirais même qu’elle est plutôt calme. Mais le rendu final est assez complexe et j’ai eu l’impression que l’auteur nous donnait des pistes d’explications sans jamais vraiment élucider les mystères. En fait c’est exactement ça, pour moi ce roman est un mystère, un mystère agréable à lire mais qui me laisse perplexe et je suis incapable de donner un avis tranché dessus.

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Pour ce qui est des illustrations de Régis Lejonc, je les aime beaucoup. Dans un autre type de roman jeunesse je pense qu’elles ne m’auraient pas plu mais pour le coup la patte de l’illustrateur colle parfaitement à l’histoire de Peter Pan, les dessins n’ont pas de traits précis et acérés, il s’en dégage plutôt une impression de fluidité, sans frontières. C’est exactement dans l’esprit du texte de Barrie. Et les images nous invitent à une rêverie qui n’est pas toujours présente dans le texte et apportent donc un vrai plus au texte original, c’est vraiment bien pensé! Sinon le grand format de cette édition et super agréable à lire donc je vous recommande cette publication qui nous vient de chez Gautier Languereau.

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Maintenant que j’ai enfin lu Peter Pan je peux porter un regard neuf sur différentes réinterprétations. Par exemple la version Disney est clairement adoucie et lissée car Peter n’est pas exactement un joyeux drille. Le film Pan est une totale invention des origines, voir même un réécriture, mais malgré cette séparation je continue de penser que c’est un film génial! Et au final à ma grande surprise la vision de Peter qui colle le plus au texte est celle de la série Once Upon a Time où on retrouve l’aspect farouche et irresponsable de Pan qui se moque éperdument des sentiments des autres. Peter serait il finalement un méchant? Je crois que ce n’est pas impossible! Au final même si ce roman m’a surprise, je l’aime bien et je suis au moins contente de l’avoir découvert!

Et vous, allez vous tenter l’expérience à votre tour? Ou vous l’avez déjà lu?

Bonne lecture!

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24 réflexions sur “Peter Pan de James Matthew Barrie, illustré par Régis Lejonc

  1. Pingback: Bilan de Février | La tête en claire

  2. C’est vrai qu’on a tendance à oublier que Peter Pan est au départ un livre, alors si un jour je tombe dessus je le lirais. (:
    Et moi aussi ça m’a fait pensé à Once Upon a Time, où Peter est assez cruel… finalement c’est un des seul « méchant » de cette série que j’ai vraiment détesté.

    Aimé par 1 personne

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