Mémé de Philippe Torreton

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Salut mes chasseurs de livres! Aujourd’hui je vous parle de ma toute dernière lecture : Mémé de Philippe Torreton, aux éditions L’Iconoclaste, dont je n’ai pas d’autres livres mais que je vais essayer de découvrir par d’autres titres car le papier est génial au toucher tant pour la couverture que pour les pages. Ce livre traînait dans ma PAL « maison parentale » depuis au moins 18 mois, je n’avais pas du tout prévu de l’en sortir, mais je suis en weekend chez mes parents et à 22h je n’avais pas vraiment le courage de lire un livre pour les cours du coup je me suis dis que je pourrais me choisir un petit livre facile à lire pour me détendre dans la soirée et c’est là que Mémé intervient. Avec un peu moins de 150 pages, écrit en gros, il m’a fallut moins de deux heures pour l’engloutir! Je ne connaissais pas encore Philippe Torreton qui est acteur à la comédie française et qui n’a écrit que deux autres livres. Mémé c’est le récit de la vison qu’il a gardé de sa mémé et qu’il voit encore avec ses yeux de jeune garçon. Mais Mémé c’est un peu notre mémé à tous, et ce récit à une dimension à la fois profondément intime mais aussi totalement universel, j’ai moi même retrouvé un peu de ma mamie dans ces mots! 

« A l’époque où les mémés étaient petites »

Comme c’est un récit qui prend une forme autobiographique, le personnage principal est l’auteur, mais il n’a qu’un sujet : sa mémé. Son regard évolue de sa plus tendre enfance vers ses quarante ans. On voit Mémé vieillir en même temps qu’il devient un adulte puis un homme installé dans la vie. J’ai beaucoup aimé ce chassé croisé de vies qui sont totalement imbriquées et ce lien très fort que l’auteur ressent envers sa mémé qui symbolise toute son enfance. Pourtant cette mémé omniprésente (mémé est répété à tout bout de champ) est presque muette, l’auteur la fait revivre sous nos yeux mais c’est un personnage silencieux, comme un roc, ou un film en noir et blanc. C’est avant tout un roman du ressenti et non pas de la parole. C’est un texte poétique et non une aventure avec péripéties et des dialogues à tout va. La plume de l’auteur est comme Mémé, une force tranquille, qui affronte la vie avec patience et bienveillance.

« Mémé, c’est ma mémé, même si ça ne se dit plus. Mémé me manque »

Je pourrais même dire que c’est une performance textuelle! Il m’a fallu une vingtaine de pages pour me faire à cette écriture presque poétique, le rythme et les mots sont choisis avec soins et c’est très agréable. C’est un texte à la fois simple et bref mais aussi puissant et touchant car universel dans ses idées et pourtant très intime. Les souvenirs de l’enfance sont souvent un trésor que l’on garde précieusement et nos grands parents y on souvent un rôle important. J’ai retrouvé énormément de ma propre expérience et de ma famille dans ce texte. Les vacances chez Papy/Mamie, les repas sans fins dans la joie et la bonne humeur chez Grand-père/Grand-mère. Les souvenirs en apparence innocents de l’auteur m’ont remuée et énormément touchée, car des mémés on en a pas deux cents et il faut profiter d’elles tant qu’on peut. Ce roman est aussi celui de l’expérience du deuil et de la vie, c’est une forme d’épitaphe que l’auteur écrit à sa mémé. Sa façon de lui rendre hommage et de faire son deuil. Au début du roman Mémé est présente de manière directe puis elle devient plutôt l’objet de souvenirs, elle commence a être placée en recul sur la vie.

Ce roman n’est pas vraiment une histoire, comme je l’ai dit il n’y a pas d’intrigue, c’est plus une tranche de vie. Philippe Torreton en fait une sorte de manifeste de l’enfance, de la vieillesse, du deuil, du passage à l’âge adulte. De la vie quoi. C’est aussi un regard parfois critique sur l’évolution de la société. A travers le regard que l’enfant donne à sa mémé on se rend compte de l’évolution folle des cent dernières années. Ou comment la simplicité s’est retirée de ce monde et où nos grands parents symbolisent le dernier lieu de recueil de la simplicité et du labeur. Mais ce regard critique est adoucit par une écriture parfois naïve et surtout innocente, celle de l’enfance, avec des phrases qui recèlent une tendresse toute particulière et le charmant « goût d’antan ».

Au final c’est pour moi une très belle découverte, une lecture courte mais poignante où je me suis retrouvée et qui m’a donné très envie d’aller voir ma mémé à moi, de la serrer dans mes bras. Ce que je vais donc faire dès ce weekend! C’est un petit bijou de délicatesse et de poésie que cette ode à sa Mémé. Je vous conseille totalement ce livre!

Vous connaissiez? Vous découvrez? Partagez votre avis! 

Bonne lecture! 

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7 réflexions sur “Mémé de Philippe Torreton

  1. Pingback: La tête en claire

  2. Je n’ai encore jamais lu ses romans, mais je l’ai déjà vu deux fois incarner Cyrano, et il est très bon ! Il joue d’ailleurs cette pièce jusqu’en avril, au théâtre de la Porte St-Martin (Paris).
    Si je trouve « Mémé » au hasard de mes promenades, je l’achèterai 🙂

    Aimé par 1 personne

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