Rencontre avec Valentin Mathé de La Poule qui Pond Editions

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Bonjour ! Je reviens aujourd’hui avec la suite de mes rencontres d’éditeurs pour l’université. Je vais un peu changer le format, pour les éditions Thierry Magnier j’ai fait une présentation en interview, mais cette fois je vais tenter de faire une sorte de « fiche maison d’édition », et je rajouterai des détails que j’ai envie de partager avec vous. Le deuxième éditeur que j’ai rencontré en cours est Valentin Mathé le fondateur de La Poule qui Pond.

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La Poule qui Pond est une jeune maison d’édition, qui s’approche de ses deux ans. Le catalogue comporte pour l’instant onze titres dont je vous montrerai les couvertures tout au long de l’article. La maison est née de l’envie de Valentin Mathé et d’une amie de faire éditer une de leur créations commune au format cartonné. De cette envie ils ont crée La Poule qui Pond, qui au final est devenue un projet sur le long terme, même si ce n’était pas forcément prévu. Pour réaliser leur premier album Valentin Mathé a fait appel au Crowd Funding via la plateforme Ullule (leur compte si vous voulez soutenir des projets à venir), il connaissait bien son sujet puisqu’il a donné des cours sur le financement participatif. Il a récolté pour son premier projet, Le Petit Monstre du Noir, plus du double des fonds voulus, du coup il se sert régulièrement de ce système pour permettre à La Poule qui Pond d’évoluer et publier de nouveaux livres. Et pourquoi ce nom? me direz-vous. Et bien pour Valentin c’est très simple : car une poule ça pond comme un éditeur, la poule pond des œufs, l’éditeur pond des livres! 

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Valentin Mathé nous a surtout parlé de tout le travail nécessaire au fonctionnement de la maison d’édition. C’est une petite maison du coup les tâches ne sont répartie que sur deux personnes, donc forcément il faut savoir être … multitâche! La plus grosse partie de son travail s’articule autour de la gestion (comptabilité, représentation, …), il faut fournir les factures, envoyer des commandes, payer l’imprimeur, récupérer l’argent des ventes, c’est un travail chronophage qui demande un bon sens du commerce et de la gestion. Ensuite la communication et la diffusion ont une part importante dans ses journées. La Poule qui pond n’a pas de diffuseur en dehors de l’île de France, du coup c’est à eux de faire connaître leurs livres dans toute la France, il faut démarcher les libraires et faire le travail d’un attaché de presse qui va chercher à faire parler de la maison dans les médias. C’est la partie qui fait le plus appel aux relations humaines.  Au final ce qu’en tant que lecteur on associe le plus facilement au travail de l’éditeur ce sont le comité de lecture et la réalisation de la maquette, mais ça ne représente qu’une petite part du travail.

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En commençant l’aventure de l’édition, Valentin Mathé pensait que le comité de lecture serait sa partie préférée, c’était du moins ce qui lui faisait le plus envie. Mais en moins de deux ans d’existence la maison à reçu plus de 900 projets dont la très grande majorité ne seront jamais publiés. Sur les 11 livres publiés seul 5 viennent de ces réceptions, autant vous dire que 5 livres publié pour 900 réceptions c’est assez maigre, et ces 5 livres représentent l’intégralité de ce qui a plu à Valentin, soit 1 livre pour 180 lus! La plupart de ces projets rejetés ne répondent pas aux critères de base de l’éditeur qui sont :

  • La qualité et le type des illustrations
  • Un texte aboutit et relu (absence relative de fautes, intérêt du texte)
  • Longueur du texte, publication d’albums jeunesse illustrés donc ils n’acceptent pas de texte de 50 pages sans illustrations par exemple.
  • Le sujet : la ligne éditoriale tourne autour des monstres donc les histoires de princesses, de dragons, de tracteurs sont rejetés.
  • Certains textes reçus sont carrément hors limites : racisme, homophobie, misogynie… donc forcément : Rejet!
  • Ils publient des albums loisir donc tout ce qui est moralisateur ou livre médicament (pipi au lit, brosse à dent, idée que pour chaque situation à problème il existe un livre) sont aussi rejetés.

Il voit très rapidement si un projet va pouvoir lui plaire ou non, et au vu de la quantité de réceptions il est obligé de faire rapidement sinon il lui faudrait des jours entiers pour tout examiner attentivement. Les autres livres qui ont été publiés sont en partie le fruit d’auteurs/illustrateurs qu’il a lui-même contacté en vue de projets comme pour Eric Battut et sa  trilogie Petit Bonhomme, ou encore des livres qu’il a crée lui-même comme Le Petit Monstre du Noir.

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Sinon la maison à plein d’idées sympas et de projets qui le sont tout autant. Ils ont publiés Histoire de Monstres qui est un livre destiné aux enfants mal ou non-voyants, mais aussi à tous les autres car il y a des couleurs. Comment faire un album jeunesse pour non voyants me direz-vous ? Eh bien les textes sont imprimés en braille ainsi qu’en caractèrecouverture11-300x230 d’imprimerie classique et les contours des dessins sont en relief. Certains de leur livres sont aussi conçu pour aider les dyslexiques et les jeunes lecteurs comme Le rêveur qui ramassait des papiers bonbon, les syllabes sont différenciées par une alternance de couleur, les lettres muettes sont indiquées ainsi que les liaisons obligatoires. Valentin a également d’autres projets pour faire évoluer la maison mais chut ! C’est top secret ! Enfin je crois! Je peux quand même vous parler de Lire en Doudoune qui est un projet qui réunit les trois maisons d’édition jeunesse clermontoises a travers plusieurs activités qui ont lieu jusqu’à Noël, vous pouvez trouver la page de l’événement ici.

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Et voilà, je vous ai retranscrit l’essentiel de cette rencontre, même si j’ai simplifié et gardé pour moi les choses qui sont directement liées à mes études et donc beaucoup moins générales. Ma prise de note originale fait 5 pages ! En tout cas j’espère que vous avez aimé découvrir cette jolie maison d’édition, qui est très active dans la région clermontoise et qui mérite de trouver son public partout ! Comme Noël approche à grand pas je vous conseille de jeter un œil au catalogue, vous trouverez surement des idées pour les jeunes de votre entourage ! Je peux vous le dire pour avoir eu la plupart de ces titres entre les mains, les albums de La Poule qui Pond sont très réussis, les illustrations sont variées et très belles, la mise en page agréable et dynamique, vous pouvez foncer! Je vais essayer de vous faire une ou deux chroniques sur leurs livres, j’ai bien envie de m’acheter Le petit monstre du noir et Sous mon lit il y a un voleur de chaussettes!

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J’espère que cet article vous a plu, si vous avez des questions n’hésitez pas !

Et vous pouvez retrouver le site de La poule qui pond ici!

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9 réflexions sur “Rencontre avec Valentin Mathé de La Poule qui Pond Editions

  1. Pingback: Sous mon lit il y a … un voleur de chaussettes! d’Alexandre Gimbel | La tête en claire

  2. Pingback: Bilan décembre & année 2015 | La tête en claire

  3. Je trouve que ce format d’article est plus sympa à lire et peut-être aussi plus personnel, j’espère que tu feras les prochains articles concernant les rencontres de cette manière.
    Sinon, je trouve que c’est très complet, et on ressent ton enthousiasme à la lecture, ça fait plaisir =D

    Aimé par 1 personne

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