Un Hiver à Paris de Jean-Philippe Blondel

9782283026946

Bonjour mas chasseurs de livres! Aujourd’hui je vous parle lecture, avec Un Hiver à Paris de Jean-Philippe Blondel aux éditions Buchet Chastel. J’ai lu ce livre grâce à un article élogieux dans la revue Page des libraires, je connaissais déjà cet auteur par plusieurs de ses romans qui m’avaient bien accrochés quand j’étais ado, comme Au Rebond et Blog. Et le voilà de retour dans ma vie avec cette fois un roman adulte. J’ai ce livre dans ma PAL depuis un peu plus de 6 mois mais il me faisait vraiment envie, du coup j’ai craqué pendant les vacances de la Toussaint! J’ai abandonné mes lectures obligatoires pour lire ce livre. Ça m’a fait beaucoup de bien de me sortir de mes lectures de fac, tellement de bien que je l’ai lu en à peine une matinée! Un Hiver à Paris c’est l’histoire de Victor. Il monte à la capitale pour intégrer une prestigieuse prépa littéraire. Il traverse sa première année comme un fantôme. Il ne côtoie personne, si ce n’est ses cours, ses livres, des auteurs grecs et latins. Grace à son travail acharné il passe en deuxième année, mais le suicide d’un de ses camarades va tout changer pour lui et va surtout changer le regard des autres à son égard.

Victor est un personnage très dur à cerner, il est complexe, c’est un jeune homme qui pour affronter la vie en prépa s’est détaché de ses sentiments. Il reste encore un peu un mystère pour moi. En vrai, il est totalement désarçonnant, il a un regard sur le monde qui est unique. Suite au suicide de Mathieu qu’il connaissait un peu, tout le monde le traite comme « la victime de la victime ». Par égard pour lui, pensant qu’il était ami avec Mathieu, les autres commencent à s’intéresser à lui. Surtout Paul, qui sous ses air de fils parfait de riches parisiens va s’affranchir de son image avec notre narrateur. Victor se révèle dans cette gravitation qui se crée autour de lui, cependant il reste assez détaché, il essaye de se trouver au milieu de tout ça et se laisse attirer vers des choix surprenants. C’est un imposteur sympathique, il profite malgré lui du suicide de Mathieu et en même temps il ne dément pas le quiproquo. C’est ce qui est touchant chez lui, il se cherche et tente de s’assumer tel qu’il est. Un autre personnage que j’ai eu du mal à cerner, c’est le père de Mathieu. Il me mettait mal à l’aise, comme si ses fêlures déteignaient depuis les pages du livre jusqu’à moi, c’est un sentiment assez étrange, du coup je n’ai pas réussi à juger cet homme, qui peut juger un père qui à perdu son enfant? Par contre j’ai vraiment apprécié Paul, il n’est pas autant entouré de mystère que Victor, mais j’ai beaucoup aimé sa façon d’être, tout en retenue. Tout le monde voit en lui le jeune premier de la classe, riche, intelligent, bien éduqué. Mais pour lui tout n’est pas si facile, il s’est enfermé dans cette coquille vide que d’autres ont crée pour lui, et en se rapprochant de Victor il essaye de se rapprocher aussi de lui même.

Jean-Philipe Blondel à vraiment une plume unique, l’action se passe dans un passé assez récent, vers les années 1990, mais pendant ma lecture j’ai eu l’impression de pénétrer dans une bulle hors du temps. Ce roman est très réaliste et pourtant il m’a enchantée. La réalité des prépas littéraire me semble extrêmement bien décrite, j’ai pu rentrer dans cet univers qui ne m’est pas si étranger, j’ai souri à certaines allusions sur les auteurs étudiés, les répliques de profs qui m’ont rappelé certaines remarques parfois acides de mes anciens professeurs. C’est très étrange car ce roman dégage une profonde mélancolie et pourtant en refermant le livre je ne me sentais pas du tout triste. Le plupart des personnages ont à peu près mon âge, ils se cherchent, ils s’aiment, se séparent, ils vivent! Je crois que toute la magie de la plume de cet auteur, c’est qu’il raconte des choses très simples mais universelles, qui nous touchent car elles sont racontées avec une grande sincérité.

Pour ce qui est de l’histoire, j’ai vraiment bien accroché car elle semble simple mais  est aussi complexe. Même si on suit principalement Victor, de nombreux personnages secondaires apparaissent, et ce roman est aussi le leur. Certains protagonistes qu’on pensait regarder seulement de loin finissent par être approchés. C’est tout un univers qui se construit et se déconstruit sous nous yeux. Et surtout, Jean-Philippe Blondel nous énonce des vérités parfois dures et pourtant le monde continue toujours de tourner, qu’on le veuille ou non. L’univers de la prépa m’a donné l’impression d’une cloche de verre où les élèves sont enfermés, mais si on prend le temps de soulever cette cloche on découvre des jeunes qui sont comme tous les autres, avec des rêves, des espoirs et des questions. C’est exactement ce qui se passe dans Un hiver à Paris.

Au final ce qui m’a conquis dans ce livre c’est sa simplicité. J’ai l’habitude de romans complexes, qui développent des mondes imaginaires, ou alors des classiques avec un style très recherché et où l’époque ne correspond pas à ma réalité. Mais ici rien de tout ça, j’ai pu me sentir proche des personnages car ils vivent ce qui aurait tout à fait pu être ma vie. L’auteur ne cherche pas à en faire trop, son roman m’a semblé honnête et vrai, il aborde les thèmes du suicide, du deuil et de la reconstruction sans fards ni mélodrames. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, je vous le conseille particulièrement car il parle d’une période clef de toutes les vies, le passage à l’âge adulte et sa dure réalité. 

Vous avez lu ou prévu de lire ce roman? Qu’en avez vous pensé?

Bonne lecture! 

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2 réflexions sur “Un Hiver à Paris de Jean-Philippe Blondel

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